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Écrire un mot de
sympathie
Par Maryse Dubé
Quelqu’un de votre
entourage vient de perdre un être cher et vous
souhaitez lui faire parvenir quelques mots de
soutien qu’il pourra conserver. Une carte de
sympathie est toujours à privilégier, peu
importe les circonstances. En plus de la
délicatesse qu’elle témoigne, elle a l’avantage
d’ajouter une touche de couleur aux jours
sombres qui entourent un deuil. Il y en a de si
belles, ça vaut le détour! Elles sont d’accès
facile : on en trouve même dans les
supermarchés. Les textes sont variés et certains
traduisent bien notre pensée.
La personne endeuillée
appréciera le geste, d’autant plus si vous avez
pris soin d’y ajouter une petite note
personnelle. Ce genre d’attention est une source
de soutien sous-estimée. Dans les jours et même
les mois qui suivent les funérailles, il est
fréquent que le chagrin incite un endeuillé à
relire ces mots réconfortants qui vous ont été
inspirés. Mais encore faut-il les avoir trouvés!
Combien de fois s’est-on
senti démuni devant la souffrance humaine?
Plusieurs en perdent leurs moyens et cherchent
désespérément à extirper du fond de leur cœur
quelques phrases qui traduisent leur appui.
Faute d’inspiration, la plupart opteront pour
une formule conventionnelle : « De tout cœur
avec vous dans cette triste épreuve. » Dans
certaines circonstances, c’est suffisant, et
puis c’est toujours mieux qu’une simple
signature au bas de la carte. Mais quand
l’endeuillé est cher à nos yeux, c’est dommage
de ne pas pouvoir offrir quelques mots à la
mesure de notre attachement.
Une dame racontait avoir
reçu une carte particulièrement touchante lors
du décès de son mari. Elle l’avait placée bien à
la vue près de la photo de celui-ci. Cette carte
est restée là de nombreuses années. Le secret?
On pouvait y lire un très beau message de
reconnaissance adressé au défunt où certains
souvenirs étaient évoqués avec tendresse. En
choisissant de procéder ainsi, l’expéditeur
exprimait du même coup à cette femme la
tristesse qu’il avait de voir partir un homme de
qualité. Qu’y a-t-il de plus précieux pour une
personne endeuillée… Comme quoi il y a plus
d’une façon d’apaiser un cœur blessé.
Aussi, si vous êtes de
ceux qui ne savent pas quoi écrire quand la mort
frappe à la porte d’un parent ou d’un ami, voici
quelques pistes qui pourront vous guider.
-
Avant de rédiger votre
texte, imaginez la personne endeuillée près de
vous, comme si vous étiez à ses côtés pour la
consoler. L’exercice permet d’entrer en
contact avec les émotions qui nous habitent et
amène plus d’authenticité.
-
N’ayez pas peur de faire
un brouillon et de vous relire. Est-ce
vraiment ce que vous voulez dire? Il n’y a pas
de mal à travailler un texte que l’on juge
important, aussi court soit-il. La spontanéité
dans l’écriture est une qualité qui n’est pas
donnée si facilement. Aussi, n’hésitez pas à
prendre le temps qu’il faut pour trouver des
mots qui reflètent bien vos sentiments.
-
Évitez les phrases
toutes faites. Elles sont impersonnelles et
elles apportent peu. Faites référence à la
perte vécue. Montrez que vous comprenez :
« Perdre son père, c’est si difficile. Je
pleure encore le mien... Recevez toutes mes
condoléances pour la perte qui vous afflige. »
plutôt que « Mes sympathies en ces moments
difficiles. »
-
Tout en offrant votre
soutien, n’hésitez pas à parler de la douleur
que ce deuil vous cause. L’endeuillé
appréciera de constater qu’il n’est pas seul à
souffrir et se sentira appuyé dans son
chagrin. Toutefois, il faut savoir doser.
L’objectif n’est pas de se faire consoler
soi-même :
« J’ai le cœur qui saigne d’apprendre que ton
fils bien-aimé nous a quittés. Il était ton
bonheur, l’espoir de ta vie. J’aurais
tellement aimé être à tes côtés pour te
consoler quand le drame est arrivé… »
-
Offrez votre soutien pour les jours difficiles
qui viendront :
« Rien ne remplacera la femme que tu
chérissais. Mais sache que tu pourras toujours
compter sur moi quand le poids de son absence
te sera insupportable. »
-
Faites-vous rassurant
sur les rapports qui vous unissent.
Principalement quand le lien avec l’endeuillé
est susceptible de s’effriter, comme lors du
décès d’un frère qui laisse dans le deuil son
épouse, votre belle-sœur :
« Tu sais à quel point on aimait sa présence.
Il nous manque déjà. Mais bien qu’il nous ait
quittés, tu auras toujours ta place près de
nous et dans nos coeurs, sois-en assurée. »
-
Profitez-en pour
souligner les qualités du défunt, celles qui
vous manqueront :
« Lui qui aimait tellement la vie! Il savait
nous faire rire, ton Benoît. C’est une dure
perte pour tous. J’imagine à quel point ça
doit l’être pour toi. »
-
Lorsque la carte
provient de plusieurs personnes, assurez-vous
que chacun puisse avoir une petite place pour
s’exprimer. Ça vaut aussi pour les collègues
de travail, c’est beaucoup plus chaleureux de
voir les petits mots de chacun, plutôt que :
«Toutes nos condoléances. De l’équipe! »
-
Si vous sentez le besoin
de vous étendre un peu plus, utiliser du
papier à lettres. Vous n’aurez qu’à glisser
votre missive à l’intérieur de la carte de
sympathie.
-
De nos jours, il arrive
que la nouvelle d’un deuil nous parvienne par
courriel. Si c’est le cas, vous pouvez choisir
de répondre par la même voie, mais sachez que
votre soutien sombrera rapidement dans les
méandres du monde virtuel : peu de gens
décident de les imprimer.
Évidemment, la façon de
s’exprimer dépend de la personnalité de chacun.
L’endeuillé doit être en mesure de vous
reconnaître dans vos propos. Utilisez des mots
qui vous ressemblent, soyez fidèle à vous-mêmes,
mais surtout, n’ayez pas peur de vous investir
émotivement. Le bénéfice n’en sera que doublé.
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