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Coopérer c’est…
entreprendre par et pour le monde !
Par Hélène Simard,
présidente-directrice générale du Conseil
québécois de la coopération et de la mutualité
et Réjean Laflamme, président de la Fédération
des coopératives funéraires du Québec
Étonnement, quand ça va
mal, les citoyens sont à la recherche
d’organisations sécuritaires, fiables et
honnêtes. L’éthique des affaires prend tout à
coup du galon. Et pourtant, depuis plus de 150
ans, l’entrepreneuriat coopératif, par ses
valeurs et ses principes de fonctionnement,
contribue à une économie réelle, au partage de
retombées sociales et économiques au plan local
en plus de transmettre le patrimoine aux
générations futures. La Semaine de la
coopération qui se tiendra du 11 au 17 octobre
constitue une belle occasion de rappeler ce qui
fait la force de ce modèle entrepreneurial.
L’humain d’abord
L’objectif premier des
coopératives, des caisses populaires et des
mutuelles est de répondre aux besoins communs de
leurs membres, qui en sont les propriétaires. La
participation au pouvoir s’applique selon la
règle « un membre, un vote » et les membres sont
tous propriétaires à parts égales de
l’entreprise, peu importe le nombre de parts
sociales qu’ils possèdent ou les montants qu’ils
ont investis. Ainsi devenir membre d’une
coopérative c’est devenir copropriétaire d’une
entreprise au sein de laquelle, ce sont des
personnes, les membres, qui s’expriment et non
le capital. Voilà pourquoi la plus grande
richesse d’une coop ou d’une mutuelle sont les
êtres qui la composent.
Il n’est donc pas étonnant
que plus de 800 millions de personnes de par le
monde aient recours à cette forme d’entreprise
pour satisfaire leurs besoins. Au Canada, plus
de 17 millions de membres ont recours à cette
formule et 8,8 millions (particuliers et
entreprises) au Québec.
Des emplois durables
La force collective
s’exprime également par la création d’emplois
durables. Le mouvement coopératif et mutualiste
au Québec, c’est 90 000 emplois. Saviez-vous que
le premier et le 6e employeur privé sont le
Mouvement Desjardins et le réseau de La Coop
fédérée ?
Peu de gens savent
également que dans le monde, les coopératives et
mutuelles génèrent 20 % plus d’emplois que
l’ensemble des multinationales, soit plus de 100
millions d’emplois.
Les coopératives sont
aussi plus durables que les autres formes
d’entreprises. En effet, une étude menée par le
ministère du Développement économique, de
l’Innovation et de l’Exportation intitulée «
Taux de survie des nouvelles entreprises au
Québec » révèle que le taux de survie des
coopératives après 3 ans est de 75 % alors que
pour l’ensemble des entreprises, il est de 48 %.
Après 10 ans, le taux de survie pour les
coopératives est de 44 % contre seulement 20 %
pour l’ensemble des entreprises.
Investir dans la
communauté
Dans une lettre ouverte
adressée par l’Alliance coopérative
internationale aux gouvernements du G8, le
président de l’organisme proposait la formule
coopérative pour se sortir de la crise. On peut
y lire « Miser sur un modèle d’entreprise
différent, sûr, stable et durable détenu et
contrôlé par 800 millions de personnes dans le
monde. (…) une entreprise dans laquelle les
bénéfices ne sont pas simplement distribués à
ses actionnaires, mais sont reversés à ceux qui
traitent avec l’entreprise, ce qui permet de
maintenir les richesses générées par les
entreprises locales dans la communauté locale
dans l’intérêt de l’environnement local et des
familles qui y vivent. »
Au Québec, cette
contribution des coopératives et des mutuelles
se traduit par plus de 300 millions en
ristournes aux membres et plus de 85 millions en
commandites, dons et bourses d’études au sein
des collectivités. À cela, il faut rappeler que
leur présence dans l’économie génère un chiffre
d’affaires supérieur à 22 milliards et des
actifs évalués à plus de 166 milliards.
Au moment où plusieurs
souhaitent une réforme du capitalisme, pourquoi
ne pas miser sur un modèle économique qui offre
un équilibre entre l’humain et le capital tout
en faisant preuve d’éthique et de transparence ?
Pourquoi ne pas miser sur la formule coopérative
et en faire un véritable projet de société ?
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